Placer un appel à l’action (CTA / Call-to-Action) au bon endroit dans un article peut considérablement influencer le taux de clic. Même un contenu pertinent et bien rédigé risque de ne pas convertir s’il ne propose pas, au bon moment, une incitation claire à passer à l’action. Le CTA agit comme un pont entre l’intérêt du lecteur et la prochaine étape : acheter, s’abonner, télécharger ou simplement en savoir plus. Son emplacement, sa formulation et sa présentation sont donc des éléments stratégiques à ne pas négliger.
De petits ajustements, de grands résultats
Optimiser les CTA permet de considérablement améliorer les taux de conversion. Des modifications minimes, comme le placement ou le texte d’un bouton, peuvent générer des augmentations de 30, 100, voire 300 %. Une étude célèbre de Michael Aagaard, expert en CRO (Conversion Rate Optimization), a par exemple montré qu’un simple repositionnement d’un bouton pouvait entraîner une hausse de +304 % des conversions. Ces résultats illustrent à quel point chaque détail compte. De nombreux marketeurs sous-estiment encore le potentiel de tests A/B sur les CTA, pensant qu’il s’agit de détails mineurs. Pourtant, dans un contexte de concurrence forte sur le web, ce sont précisément ces petits détails qui permettent de se démarquer.
De plus, aucun site ne ressemble à un autre. Ce qui fonctionne pour une plateforme SaaS ne donnera pas nécessairement les mêmes résultats sur un blog e-commerce ou un média d’information. L’audience, l’intention de recherche, la maturité du visiteur, le support de lecture (mobile ou desktop) sont autant de variables qui influent sur la performance d’un CTA. Il est donc essentiel d’adopter une démarche d’expérimentation constante, sans jamais considérer qu’un bouton est définitif.
Où placer ses CTA pour maximiser l’impact ?
Traditionnellement, les experts recommandent de placer les CTA au-dessus de la ligne de flottaison, c’est-à-dire visibles sans avoir à scroller. Cela permet de capter immédiatement l’attention et de proposer rapidement une action à l’utilisateur. Cette stratégie convient bien aux pages simples, avec des offres claires et à faible friction. Par exemple, sur une page d’inscription à une newsletter, il est pertinent de mettre le formulaire dès le haut de page. L’utilisateur n’a pas besoin de beaucoup d’informations pour passer à l’action.
Cependant, des études montrent que placer un CTA après un argumentaire complet peut être bien plus efficace. Michael Aagaard a démontré qu’un bouton positionné à la fin d’un article pouvait générer une hausse de conversion de 304 %. Pourquoi ? Parce que le lecteur, une fois convaincu par le contenu, est dans de meilleures dispositions pour passer à l’action. Ce principe s’applique particulièrement aux contenus à forte valeur ajoutée, comme les articles de fond ou les guides pratiques, où le visiteur cherche d’abord à comprendre avant de s’engager.
Il existe donc deux approches complémentaires : présenter l’option dès le début pour les convaincus d’avance, ou attendre que l’argumentaire ait fait son effet pour les plus hésitants. Une bonne pratique consiste à insérer plusieurs CTA dans une longue page : un premier discret en haut, un ou deux dans le corps de texte (contextuels), selon les besoins, puis un CTA plus visible en fin de contenu. Cette stratégie permet de capter les différents types de lecteurs, les pressés, les réfléchis et les indécis, tout en respectant leur parcours cognitif.
Thumb zone : l’importance de l’usage mobile
La thumb zone désigne les zones de l’écran d’un smartphone accessibles plus ou moins facilement avec le pouce lors d’une utilisation à une main. Des études UX montrent que la majorité des utilisateurs naviguent sur mobile principalement avec le pouce, ce qui crée des zones naturelles de confort en bas et au centre de l’écran, des zones atteignables avec effort sur les côtés et en haut, et des zones difficiles d’accès dans les coins supérieurs.
On distingue généralement trois niveaux : une zone verte, confortable et précise, une zone jaune qui demande un étirement, et une zone rouge, source d’erreurs et de frustration. Cette réalité biomécanique influence directement la manière dont un utilisateur interagit avec une page mobile, souvent de façon inconsciente.

Prendre en compte la thumb zone est donc essentiel pour le placement des CTA sur mobile. Un bouton d’action situé dans une zone difficile d’accès augmente la friction, ralentit l’interaction et peut suffire à faire abandonner un utilisateur pourtant intéressé. À l’inverse, positionner un CTA clé dans la zone naturelle du pouce rend l’action intuitive, fluide et rassurante, ce qui améliore mécaniquement le taux de clic et de conversion. Sur mobile, l’optimisation des CTA n’est pas seulement une question de wording ou de couleur, mais aussi d’ergonomie physique. Un CTA bien placé respecte le geste naturel de l’utilisateur et transforme une intention en action sans effort.
Soigner le wording des CTA
Le texte du bouton est aussi important que son emplacement. Un libellé trop axé « achat » peut rebuter. On évite donc les formulations commerciales et agressives comme « Acheter maintenant » au profit de tournures orientées utilisateur : « Je découvre ce téléviseur », « Commencer gratuitement », « Essayer maintenant ». Ces formulations rendent le CTA plus engageant et moins intimidant, en s’inscrivant dans une logique d’accompagnement plutôt que de vente directe. L’objectif est de susciter la curiosité et de réduire la peur de l’engagement.
Note : en SEO, une intention de recherche avec un terme comme « acheter » peut mener à une transformation, il faut donc bien faire la différence entre les effets recherchés d’un bouton et les bons mots clés sur la page.
Une étude menée par HubSpot a révélé que les CTA proposant un bénéfice concret et immédiat (« Obtenez votre devis gratuit », « Téléchargez l’e-book maintenant ») obtenaient jusqu’à 25 % de clics en plus que les CTA vagues ou centrés sur l’entreprise (« En savoir plus », « Nos services »). Il s’agit donc de proposer une valeur claire et désirable dès le libellé du bouton. En marketing, chaque mot peut faire la différence entre un clic et un rebond.
L’utilisation de pronoms à la première personne (« mon compte », « je commence », « je découvre ») favorise également l’implication du lecteur. Cette personnalisation donne le sentiment que le bouton parle directement à l’utilisateur. Michael Aagaard a également montré qu’un CTA formulé à la première personne (« Commencer mon essai gratuit ») générait jusqu’à 90 % de conversions en plus que sa version impersonnelle. C’est ce qu’on appelle le pouvoir de l’identification. En parlant à la première personne, on favorise une prise de décision personnelle et émotionnelle.
Un environnement visuel épuré
Pour attirer l’attention sur le bouton, il est essentiel de le faire respirer. Un bon usage du padding (espacement autour) permet d’isoler visuellement le CTA. Éviter les distractions alentours renforce sa lisibilité. Certains tests montrent aussi qu’un bouton blanc ou sur fond coloré clair peut être plus attirant qu’un bouton saturé de couleurs vives. Simplicité, contraste et hiérarchisation visuelle sont les clés d’un CTA efficace. En design web, l’œil humain est naturellement attiré par les zones dégagées, bien alignées, au contraste fort.
Le choix des couleurs joue aussi un rôle psychologique : un bouton rouge peut suggérer l’urgence, un bouton vert la validation ou un bouton bleu la confiance. Mais encore une fois, tout dépend du contexte. Un bouton rouge peut être anxiogène sur un site de santé, mais très efficace pour une offre flash e-commerce. L’essentiel est de créer une rupture visuelle avec le reste du contenu, sans rompre l’harmonie globale.
Bonus : l’effet d’une preuve sociale sous le bouton
Pour convaincre les derniers hésitants, ajouter une preuve sociale juste sous le CTA fonctionne très bien. Un court avis client, une note ou une statistique rassurante (« 91 % des utilisateurs recommandent ce service ») peut suffire à lever les dernières objections. Cela crée un effet d’entraînement et valide la décision de cliquer. L’utilisateur se sent ainsi rassuré et encouragé dans son choix.
Ce levier est d’autant plus puissant qu’il s’appuie sur le biais cognitif de conformité sociale : si d’autres l’ont fait avant moi, alors c’est probablement une bonne idée. Des plateformes comme Booking, Trustpilot ou Amazon exploitent ce biais en permanence. Sur un blog, afficher un court témoignage client, une capture d’avis Google ou une note moyenne étoilée juste après un CTA peut réellement faire la différence. Cela fonctionne particulièrement bien pour les produits ou services où la réassurance joue un rôle important (santé, formation, coaching, tech, etc).
Testez, adaptez, optimisez
Un bon CTA repose sur trois piliers : la visibilité, un wording engageant, et un design lisible. Mais le plus important reste de tester. Chaque audience est unique. Aucune formule magique n’existe. Expérimenter différents placements, messages et designs est la seule façon de découvrir ce qui fonctionne le mieux pour votre public. L’optimisation des CTA n’est pas un sprint, mais une démarche continue, guidée par les données et l’observation terrain.
Sources : Blog Sidebars Are Dead: 310% Better Conversion Rate Without A Sidebar, Le secret des boutons d’appel à l’action efficaces, 15 Call-to-Action Statistics You Need to Know About to Increase Your Conversion Rate, The Thumb Zone: Designing For Mobile Users
